PISTE POUR L'ÉMERGENCE
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Tribune – RDC : Entre salut national et survie politique, l’heure du choix a sonné

🗓️ 02/08/2026 à 21:29 | 👁️ 426 vues

L’analyse des documents confidentiels révélés par le journaliste @steve_wembi met en lumière une fracture conceptuelle majeure. 

Face à la crise systémique qui ébranle la République Démocratique du Congo (RDC), deux visions irréconciliables s'affrontent désormais publiquement. 

D’un côté, la diplomatie régionale propose une trajectoire de salut national ; de l’autre, Kinshasa semble s'enferrer dans une logique de conservation du pouvoir. L'évidence est là : ces deux démarches ne se valent pas.

1. ⁠Luanda vs Kinshasa : L’antagonisme des priorités

La feuille de route portée par la médiation angolaise brille par sa clarté pragmatique. Son leitmotiv reste la restauration immédiate de la paix, la réconciliation républicaine et la sauvegarde de l’unité territoriale. Luanda se focalise sur les urgences absolues et l'inclusivité des discussions, en écartant délibérément les débats clivants liés à une révision constitutionnelle.

À l’inverse, les autorités de Kinshasa trahit des ambitions purement politiciennes. En introduisant d'emblée les concepts de « transition » et d'avènement d'une « Quatrième République », le régime privilégie son avenir institutionnel au détriment du drame humanitaire et sécuritaire qui endeuille l'Est du pays. Comment justifier que des institutions supposées garantir l'ordre constitutionnel proposent des assises violant les règles de l'alternance et de la limitation des mandats ? Initier une refonte républicaine avant de sécuriser le territoire national relève d'une inversion dangereuse des priorités. Pour l'opinion publique, le dialogue n'apparaît plus comme une quête de paix, mais comme un prétexte à une redistribution des cartes du pouvoir.

1. Le refus d’assumer l’imputabilité de la crise

La seconde ligne de fracture réside dans la sincérité du diagnostic. Le texte de Luanda documente la crise sans faux-fuyants, identifiant clairement les belligérants et les causes profondes du conflit afin d'y adosser des correctifs viables.

Kinshasa, au contraire, s'illustre par une absence totale d'autocritique. Les faits sont pourtant indiscutables : la responsabilité de l'exécutif est engagée dans l'effondrement sécuritaire, politique et social actuel. Entre le fiasco des processus électoraux, l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, la diabolisation de l’opposition, la prolifération des discours de haine et les dérives tribales, le bilan de la gouvernance est lourd. Dans toute démocratie mature, faire face au chaos impose de reconnaître ses défaillances pour y remédier collectivement. En préférant diluer sa responsabilité dans de grands forums, le pouvoir congolais choisit la fuite en avant.

1. Le piège des « États Généraux » : L'illusion délibérative

La volonté de Kinshasa de convoquer des « États Généraux » s'apparente à une tentative de réédition de la Conférence Nationale Souveraine. L'histoire politique nous enseigne que ces grand-messes délibératives se caractérisent par une forte inflation temporelle pour un rendement décisionnel quasi nul.

Le risque stratégique est majeur : confier la validation des conclusions de ces assises à l’acteur même qui orchestre la crise depuis près de sept ans crée un conflit d'intérêts insurmontable. Attendre des solutions de ceux qui ont généré le problème est une erreur d'appréciation politique. La RDC ne dispose plus du temps nécessaire pour financer ce type de diversion opérationnelle.

4. L'alternative des feuilles de route et l'arbitrage historique

Face à l'impasse, l'échiquier politique présente des alternatives concrètes :Le 

- Pacte de Luanda : Centré sur la sécurité et encadré par des garanties internationales.

- ⁠Le Pacte de l’ECC-CENCO : Axé sur la cohésion nationale et la réconciliation, le bien vivre ensemble fort d'une haute légitimité morale.

Cette configuration valide les propos du Président honoraire SEM Joseph Kabila : « Le Président Félix Tshisekedi est le problème, mais il peut aussi être la solution ». Cette formule résume l'équation actuelle. Si le chef de l'État accepte de sacrifier sa logique de pouvoir au profit de l'intérêt supérieur de la Nation, une sortie de crise demeure possible.

Cependant, Kinshasa s'écarte de cette opportunité en tentant de verrouiller le format des discussions pour échapper à la reddition de comptes. Le risque de voir ce processus se transformer en rendez-vous manqué est réel, rejoignant ainsi l'avertissement de mon Président @SethKikuni : à force de refuser un dialogue inclusif sous l'égide de l'ECC-CENCO, le pouvoir finira par s'isoler face à des partenaires et opposants qui refuseront définitivement de siéger à sa table.

La RDC est au bord de la rupture structurelle. La détresse socio-économique de la population et l'effondrement des institutions interdisent toute nouvelle expérimentation dilatoire. L'exigence du moment est celle d'un vrai dialogue : neutre, inclusif et placé sous observation internationale, loin des monologues gouvernementaux. 

Entre la clarté de Luanda, la rigueur morale de l’ECC-CENCO et l’appel au sursaut patriotique, la voie est tracée. 

Le régime de Kinshasa doit désormais trancher : s'investir pour sauver son pouvoir ou se dépasser pour sauver la RDC

 

Augustin MUBUTO

Secretaire Général ai /Piste pour L’emergence

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